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9 octobre 2019   
Qu'est-ce qui m'a pris ? Marre sans doute de tourner autour du pot, de me la jouer écrivain mort-né depuis des décennies (déjà !). Les blogs, c'est fini, alors retour au blog originel. Le carnet de notes à l'ancienne, tapé au kilomètre dans un éditeur de code. Un soft pas du tout fait pour la littérature et la fancy typography. Une libération, esthétiquement discutable certes mais une libération quand même.

C'est d'un coup que ça m'a pris. En écumant un groupe Facebook consacré à la vieille gamme d'ordinateurs mythiques1 Atari ST.

Les gens qui me connaissent bien le savent, j'ai toujours eu un côté nerd contrarié. Depuis Noël 1986, précisément. À Moulignon, un quartier de Saint-Fargeau-Ponthierry (77), je déballai au soir du 24 décembre avec mon frère le paquet cadeau qui dissimulait mon premier ordinateur (mon frère ne s'est jamais passionné pour cette bestiole, ni aucune autre par la suite — j'écris donc mon sans scrupules, c'était bien ma bécane) : un Hector 2HR+. Une vraie merde. Un ordinateur français. Le slogan de la boîte était d'ailleurs "l'autre ordinateur français". Le nom du constructeur de cette merveilleuse saloperie ? Ça ne s'invente pas. Micronique !

Micronique était déjà archi niqué à l'époque. Mon oncle avait un certain entregent dans les affaires — il s'occupait principalement de liquider des SARL en cessation de paiement — et s'était occupé du dossier Micronique. Résultat, moi et mes cousins avions écopé d'un Hector à 800 balles. C'était la grande époque de l'Amstrad CPC. Le 6128 à lecteur de disquette. L'eldorado ! L'Hector utilisait le même microprocesseur que lui, le très célèbre Z80 dont la carrière n'est apparemment pas près de s'achever même au bord de l'Apocalypse.

© Emmanuel Goossaert
© Emmanuel Goossaert
J'ai exploité le BASIC de cette drôle de bestiole à fond. J'ai taté de l'assembleur, sans jamais avoir le courage d'aller plus loin que quelques lignes prémâchées. Mes principaux faits d'armes ? Un générateur de caractères, un programme de dessin qui gérait le copier-coller (de mémoire, il ne lui fallait que deux à trois minutes pour copier un bloc de 40 pixels sur 40), un ou deux jeux, dont un fameux Space Invaders dont le vaisseau était créativement remplacé par une grosse bite rose. Je vous laisse imaginer la tête des missiles.


1. Mythiques pour certains (très nombreux), risibles pour d'autres, qui ne juraient et ne jurent toujours que par le concurrent Amiga — un peu l'équivalent des Apple fanboys de notre ère, voyez. Pensez donc : un Amiga affichait 32 couleurs simultanément. Deux fois plus qu'un ST. En revanche, pour s'échanger des disquettes sous le manteau au collège, tu pouvais te brosser si tu étais amigaïste, en France en tout cas.
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