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  Sangliers
11 octobre 2019   
Tu roules tranquillement à 82 km/h sur la départementale qui relie ton hameau de putain de néo-rural (il paraît que je m'inscris dans cette catégorie socio-machin-chouette) au bar du village le plus proche ; tu penses à ta collègue A., que tu aimes beaucoup, et aux moyens divers et variés qui lui permettraient de combattre l'angoisse qui lui dévore l'existence, quand soudain devant tes pleins phares apparaît un troupeau — on dit une harde, non ? — de sangliers. Le premier instant de stupeur passé (une demi-seconde), quel est ton premier réflexe ?

Freiner, bien sûr. Appuyer sur la pédale de frein, aussi fort que possible en fonction des circonstances (ta vitesse, l'état de la chaussée, sa courbure), et espérer que piler ainsi, en dosant l'effort sur les disques, va suffire.

Et ça suffit : les sangliers ne paniquent pas (ces cons !), tu t'arrêtes au milieu de cinq ou six d'entre eux, pas du tout rendus furieux par la situation, et qui contournent ta puissante berline teutonne comme si de rien n'était, achevant leur traversée de la chaussée de la départementale 5. Que foutent-ils là ? te demandes-tu.

Que foutent ces sangliers dans cette zone sans forêt, de champs alternativement cultivés de blé ou de colza ?

Tu redémarres, arrives à bon port, te poses au comptoir.

E. a son idée sur la question.
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